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Le Conseil d'administration d'INVESTAS vient de décider de rejoindre les actions entreprises par Audiolux dans le cadre de la prise de contrôle de RTL Group par Bertelsmann en vue de faire appliquer le Code de Conduite Européen qui recommande qu' une égalité de traitement devrait être assurée à tout détenteur de valeurs mobilières de même nature, émises par la même société'
Lorsque l'échange des 30% du capital de RTL-Group détenus par Groupe Bruxelles Lambert (GBL)/Electrafina (groupe contrôlé par Albert Frère) contre 25,1% du capital de Bertelsmann a été annoncé, on aurait pu s'attendre à ce qu'en présence de ce changement de contrôle (de 37 à 67% du capital de RTL-Group), Bertelsmann applique le principe élémentaire de l'égalité des actionnaires. La cession du contrôle exclusif et complet à Bertelsmann aurait normalement dû être suivie d'une offre publique à l'égard des actionnaires minoritaires d'échanger les actions RTL-Group en nature contre des actions Bertelsmann ou d'un rachat en espèces des titres des actionnaires minoritaires à un prix équivalent à la valeur des actions Bertelsmann obtenues par GBL/Electrafina. A ce jour, Bertelsmann, ne s'est pas préoccupée de la protection des intérêts des actionnaires minoritaires et n'a pas fait d'offre publique, se basant ainsi sur le droit luxembourgeois concernant les sociétés commerciales qui ne retient pas expressément le principe de l'égalité de traitement des actionnaires. Audiolux, qui a toujours été le principal ancrage luxembourgeois
dans RTL, détenant presque 1,3 million d'actions RTL Group, et
BGL Investment Partners en détenant plus de 500.000, s'estiment
gravement lésées ; Elles ont agi en justice contre Bertelsmann,
GBL, RTL-Group et plusieurs administrateurs de RTL-Group. Elles reprochent
notamment à Bertelsmann de refuser de faire participer les minoritaires
à la prime de contrôle versée à la seule GBL. Beaucoup d'observateurs ont remarqué le passage dans l'ordonnance relatif aux administrateurs de la société émettrice : « les administrateurs ont le devoir de révéler à leurs pairs le conflit d'intérêts qui les concerne dans la présente situation, parce qu'ils ont également la mission de représenter les intérêts de tous les actionnaires. Les administrateurs, en effet, sont censés représenter l'ensemble des actionnaires et non pas être les mandataires de groupes d'actionnaires à l'intérieur de la société. Déchirés entre leur intérêt personnel, respectivement celui du groupe qu'ils représentent et qui s'oppose à celui de leurs mandants - ayant reçu mandat des actionnaires, les administrateurs accomplissent une mission pour leur compte - ils ne peuvent se taire sans trahir leurs mandants et violer leur devoir de loyauté envers les actionnaires. » Audiolux et BGL Investment Partners ont par ailleurs saisi de l'affaire
la Commission de Surveillance du Secteur Financier (C.S.S.F.), qui a pris
position le 14 août 2001 : elle estime ne pas disposer du droit
d'injonction dans le présent cas, ni être compétente
en vue d'émettre des recommandations. Par contre, dans sa prise
de position, il est fait état de la Recommandation de la Commission
Européenne du 25 juillet 1977 portant sur un Code de Conduite Européen
concernant les transactions relatives aux valeurs mobilières. Ce
Code de Conduite s'exprime comme suit : «
une égalité
de traitement devrait être assurée à tout détenteur
de valeurs mobilières de même nature, émises par la
même société ; en particulier tout acte entraînant,
directement ou indirectement, le transfert d'une participation permettant
un contrôle de droit ou de fait d'une société dont
les valeurs mobilières sont négociées sur le marché,
tiendra compte du droit de tous les actionnaires à être traités
de la même manière. » « Il est souhaitable que
la possibilité de céder leurs titres à des conditions
identiques soit offerte à tous les actionnaires de la société
dont le contrôle a été transféré, sauf
s'ils bénéficient par ailleurs d'une protection qui peut
être considérée comme équivalente. »
La C.S.S.F. dit : « ces dispositions sont très claires et
nous sommes d'avis que dans la mesure où les actionnaires minoritaires
ont été exclus de la possibilité de se faire échanger
aux mêmes conditions que celles accordées à GBL/Electrafina,
les dispositions précitées n'ont pas été observées
» Au Grand Duché plusieurs milliers de petits actionnaires sont concernés par cette affaire, directement en tant qu'actionnaires de RTL-Group, y compris le personnel de la compagnie, et indirectement via Audiolux, Luxempart, BGL Investment Partners et les principales SICAV à contenu luxembourgeois.
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