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Communiqué de presse
Appel d'Investas a.s.b.l. aux petits actionnaires
de RTL-Group
Investas, anciennement DEDID, association luxembourgeoise des actionnaires
privés, est une association sans but lucratif existant depuis le
15.05.1959, et ayant pour but, e.a. et d'après ses statuts, d'encourager
les investissements mobiliers et de défendre les intérêts
des détenteurs de valeurs mobilières. Elle peut notamment
grouper les détenteurs, réunir tous les renseignements utiles
à sa mission et les publier, négocier et conclure tous arrangements,
soutenir et diriger toute action en justice dans l'intérêt
de certaines catégories de détenteurs, prendre toute mesure
ou exercer toute action qu'elle estime utile à la défense
des intérêts qui lui sont confiés.
L' association est administrée par un conseil d'administration
de 9 membres, sous la présidence de Jean-Paul Hoffmann.
Investas, à la demande de nombreux adhérents et au-delà
de ses activités générales et permanentes, a décidé
de défendre en justice et de toute autre façon appropriée
les intérêts de ses membres qui sont actionnaires minoritaires
de RTL-Group.
Dès à présent et plutôt que de se résigner
à subir passivement la pression de Bertelsmann, l'actionnaire allemand
majoritaire (89% du capital de RTL - Group), qui a annoncé par
la presse son intention de faire une offre publique d'achat (OPA) aux
actionnaires minoritaires restants au prix de 44,- € par action,
Investas trouve cette offre inacceptable et recommande à ses membres
de ne pas l'accepter et, en l'état actuel des choses, de conserver
leurs titres RTL-Group.
Par une requête, introduite en date du 4 février 2002 par
Me Dean Spielmann, avocat à la Cour, Investas est intervenue dans
le litige introduit par assignation du 21 juin 2001 entre d'une part notamment
Audiolux et BGL Investment Partners (BIP), et d'autre part notamment RTL-Group,
GBL et Bertelsmann, et étant actuellement pendant devant la VIIIème
chambre du Tribunal d'arrondissement de Luxembourg sous le N° de rôle
70846.
En effet, la cession par Groupe Bruxelles Lambert (GBL) de sa participation
(30%) dans RTL-Group à Bertelsmann en échange d'actions
de Bertelsmann (25,1%) entraînant l'institution du contrôle
exclusif de RTL-Group par Bertelsmann, a porté gravement atteinte
au droit à l'égalité de traitement des actionnaires
minoritaires de RTL-Group, tant en leur qualité d'actionnaires
de cette société anonyme qu'en leur qualité de porteurs
d'actions cotées en Bourse. Les minoritaires demandent e.a. l'annulation
des conventions intervenues entre GBL et Bertelsmann aux termes desquelles
GBL a cédé sa participation dans RTL-Group en échange
de 25,1% du capital Bertelsmann.
En ordre subsidiaire les minoritaires demandent e.a. l'échange
des actions détenues par eux dans RTL-Group contre des actions
de Bertelsmann au même taux d'échange que celui réservé
à GBL, à savoir sur la base du coefficient d'échange
de 0,8367, sinon le rachat des actions de RTL-Group détenues par
eux au prix de 270 € par action.
Dans cette affaire, il faut rapprocher le refus de faire participer les
minoritaires à la prime de contrôle versée par Bertelsmann
à la seule GBL du passage de l'ordonnance du juge des référés
du 29 juin 2001 relatif aux administrateurs de la société
émettrice (RTL-Group) : "
les administrateurs ont le
devoir de révéler à leurs pairs le conflit d'intérêts
qui les concerne dans la présente situation, parce qu'ils ont également
la mission de représenter les intérêts de tous les
actionnaires. Les administrateurs, en effet, sont censés représenter
l'ensemble des actionnaires et non pas être les mandataires de groupes
d'actionnaires à l'intérieur de la société
".
Il y a lieu de rappeler aussi que dans sa prise de position du 14 août
2001 la Commission de Surveillance du Secteur Financier (C.S.S.F.) fait
état de la Recommandation de la Commission Européenne du
25 juillet 1977 portant sur un Code de Conduite Européen concernant
les transactions relatives aux valeurs mobilières. Ce Code de Conduite
s'exprime comme suit : "
. une égalité de traitement
devrait être assurée à tout détenteur de valeurs
mobilières de même nature, émises par la même
société ; en particulier tout acte entraînant, directement
ou indirectement, le transfert d'une participation permettant un contrôle
de droit ou de fait d'une société dont les valeurs mobilières
sont négociées sur le marché, tiendra compte du droit
de tous les actionnaires à être traités de la même
manière. Il est souhaitable que la possibilité de céder
leurs titres à des conditions identiques soit offerte à
tous les actionnaires de la société dont le contrôle
a été transféré, sauf s'ils bénéficient
par ailleurs d'une protection qui peut être considérée
comme équivalente ".
La C.S.S.F. précise : " Ces dispositions sont très
claires et nous sommes d'avis que dans la mesure où les actionnaires
minoritaires ont été exclus de la possibilité de
se faire échanger aux mêmes conditions que celles accordées
à GBL, les dispositions précitées n'ont pas été
observées
. ".
Le texte du Code de Conduite Européen a été publié
au Mémorial B N° 29 du 25 juin 1979, et il fait partie du Manuel
de la Bourse de Luxembourg.
La C.S.S.F. a également invoqué une circulaire du Commissariat
au Contrôle des Banques du 7 mai 1979. Cette circulaire constate
que le ministre des Finances a confié la tâche de vérifier
l'application du Code de Conduite Européen sur le plan national
à la fois à la Bourse de Luxembourg et au Commissariat au
Contrôle des Banques dont la C.S.S.F. est le successeur.
Dans ces conditions, la C.S.S.F. arrive à la conclusion "
qu'il aurait appartenu aux personnes concernées de tenir compte,
à l'occasion de l'opération en question, des dispositions
de ce Code de Conduite ".
En ce qui concerne le flottant (free float) des actions RTL-Group, il
faut savoir qu'il est seulement de 11% du capital, et ce pour les 3 bourses
où l'action est cotée (Luxembourg, Bruxelles et Londres),
89% appartenant à Bertelsmann. En règle générale,
le free float doit être de min. 25% du capital, la Bourse pouvant
cependant accorder des dérogations. Si l'on tient compte de ce
que RTL-Group détient presque 1% de ses actions propres en auto-contrôle,
ainsi que du fait que des sociétés d'investissement comme
Audiolux et BGL Investment Partners, et aussi la BCEE et des Sicav détiennent
souvent des actions à long terme dans leurs portefeuilles, le vrai
flottant est encore inférieur à 11%.
De là l'engagement itératif de RTL-Group de porter le flottant
à au moins 15%, ce qui permettrait aussi l'entrée à
l'indice FTSE 100 à Londres (footsie). Bertelsmann détenant
89% des actions, il ne devrait y avoir aucun problème à
mettre en place un free float décent et à respecter ainsi
les engagements pris.
Avec le flottant actuel les cours de bourse ne sont pas représentatifs
de la vraie valeur de l'action. Le moindre mouvement peut faire varier
le cours de façon disproportionnée. Il faut redouter des
manipulations de cours.
Pour ce qui concerne le prix de 44 € payé par Bertelsmann
à Pearson en décembre 2001, prix que Bertelsmann a l'intention
d'offrir aux minoritaires restants dans le cadre de l'OPA envisagée,
il s'agit d'un prix qui n'était acceptable pour Pearson qu'en raison
des conditions extrêmement favorables auxquelles elle est entrée
dans le capital de RTL-Group en juillet 2000. En rémunération
de ses apports Pearson avait en effet obtenu en juillet 2000 des actions
RTL-Group représentant pas moins de 22% du capital de la société.
Dès le 30.6.2001, RTL-Group a dû amortir +/- 2,3 milliards
d'euros au titre de moins-value des apports Pearson. C'est dire à
quel point la contrepartie touchée par Pearson en 2000 était
élevée en nombre d'actions et pourcentage du capital de
RTL-Group.
Dans ces circonstances, malgré un prix unitaire de seulement 44,-
€, Pearson a pu considérer le prix global de 1,5 milliards
d'euros (en espèces) obtenu de Bertelsmann fin 2001 comme étant
subjectivement satisfaisant.
En présence du nombre excessif d'actions obtenues par Pearson en
2000, il est compréhensible que Pearson ait consenti à un
prix modique, voire bradé, à l'unité, fin 2001, ceci
d'autant plus que le prix global a permis de réduire son endettement
trop élevé de façon significative.
La clause dans l'arrangement Bertelsmann-Pearson selon laquelle Pearson
touchera un supplément de prix si un autre actionnaire obtient,
pendant 18 mois à partir de l'arrangement, un prix supérieur
à 44,- €, et l'intention annoncée par Bertelsmann de
lancer une OPA à 44,- € sur les actions restantes, sont de
nature à figer le jeu de l'offre et de la demande du titre RTL-Group
en bourse. A cet égard aussi le cours n'est pas représentatif
de la vraie valeur du titre.
La façon de procéder de Bertelsmann amène l'actionnaire
minoritaire dans une voie sans issue. A part l'acceptation des 44,- €,
il n'y a pas, pour lui, d'alternative sérieuse. S'il garde ses
titres, l'actionnaire risque de se trouver en bourse avec un free float
et un mouvement nettement insuffisants, donnant lieu à des cours
non représentatifs de la vraie valeur, ou il risque même
de voir le titre délisté et donc totalement illiquide. C'est
évidemment inacceptable.
La solution du litige ne peut découler que de l'application de
la règle de l'égalité de traitement de tous les actionnaires,
notamment en cas de changement de contrôle de la société,
les actionnaires minoritaires devant pouvoir céder leurs titres
à des conditions identiques à celle obtenues par GBL lors
du changement de contrôle de la société.
Rappelons les cas récents BIL-Dexia et BGL- Fortis où les
minoritaires ont reçu, outre des soultes en espèces, des
titres Dexia, resp. Fortis, parfaitement liquides, c.à.d. des alternatives
viables.
Investas va s'employer à fond à défendre les intérêts
des actionnaires minoritaires de RTL-Group.
Pour de plus amples renseignements, Investas se tient à la disposition
de ses membres.
INVESTAS
ADRESSE : 19, rue Bellevue
Siège social L-7214 Béreldange
FAX : 26 33 12 05
TEL : 26 33 12 04
E-mail : Investas@investas.lu
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