Raymond Kirsch n'hésite pas à souligner
que «l'équivoque qui continue de planer en cette matière
au plan national mérite d'être dissipée au plus
vite».
Lors
de la Journée boursière 2004, le nouveau président
du conseil d'administration de la Société de la Bourse
de Luxembourg, Raymond Kirsch, a brisé une lance en faveur
d'une revalorisation, sur le plan légal, du «principe
de l'égalité de traitement des actionnaires qui devrait
inclure nécessairement la protection des actionnaires minoritaires.
L'équivoque qui continue de planer en cette matière
au plan national mérite d'être dissipée au plus
vite». La Bourse de Luxembourg, en ce qui la concerne, suit
avec intérêt l'évolution de ce dossier.
Il a aussi évoqué la nécessité de rétablir
la confiance du public dans les activités des marchés
financiers. «Cette nécessité rejoint les
préoccupations et les objecte de la réforme de la législation
financière engagée par les autorités européennes
dans le cadre du Plan d'action pour les services financiers (PASF).»
Lancé en 1999, ce PASF vise à la réalisation
d'un marché unique des services financiers.
Des 42 mesures préconisées par le «comité
des sages» présidé par le baron Alexandre Lamfalussy,
36 sont aujourd'hui formellement adoptées ou en voie de finalisation.
«Un chemin considérable a donc été parcouru
depuis l'adoption de ce plan d'action ambitieux.»
Ensuite, parmi les différentes directives ancrées désormais
dans la législation financière européenne
ou sur le point de l'être, le président Kirsch estime
qu'il en est quelques-unes susceptibles d'avoir un impact sur les
activités traditionnelles de la Bourse. «Autant
le dire tout de suite: pour nous, ces directives européennes
sont à la fois chances à saisir et défis à
relever. J'aimerais cependant mettre en relief trois d'entre elles
pour mieux souligner les enjeux qu'elles comportent, non seulement
pour la Bourse de Luxembourg mais aussi pour /a place financière
dans son ensemble.
LA DIRECTIVE SUR LE PROSPECTUS
il y a, d'une part, la directive sur le prospectus qui pourrait avoir
des répercussions, notamment sur notre activité de cotation
des emprunts
internationaux. Dans ce dossier, la Bourse prône une approche,
proactive avec les autorités de tutelle.
D'autre part, il faut signaler notre avis globalement favorable concernant
la directive "transparence" dans la mesure où son
objectif final, à savoir une plus grande transparence,
est de nature à renforcer précisément la confiance
des investisseurs, au même titre d'ailleurs que la directive
relative aux abus de marché.
La directive dite "transparence' vise surtout à accroître
la fréquence et le contenu de l'information périodique
exigée des sociétés cotées. Néanmoins,
nous estimons aussi que de telles contraintes ne peuvent s'appliquer
qu'à de grandes et moyennes sociétés émettrices
d'actions. Les sociétés de petite taille, surtout celles
qui n'ont que des obligations cotées, doivent impérativement
jouir d'un régime plus léger Enfin, les propositions
relatives à la modernisation de la directive sur les services
d'investissement font l'objet d'une attention particulière
de notre part, eu égara à notre statut de marché
réglementé. Étant donné son importance
cruciale pour la protection des investisseurs et l'intégration
effective des marchés européens, il nous semble
impératif qu'une concertation approfondie continue à
avoir lieu sur ce sujet entre toutes les parties prenantes.»
En ce qui la concerne, la Bourse de Luxembourg est disposée
à prendre une part active à toutes les négociations
et concertations où elle sera impliquée, soit dans le
cadre du processus de transposition des directives européennes
dans la législation nationale, soit dans la mise en place de
nouvelles structures consécutives à celle-ci.
Le Jeudi 11.03.04