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28 février 2002 - ALLEMAGNE

Les petits porteurs de RTL Group se rebiffent contre Bertelsmann.

Le groupe allemand ne semble plus si décidé à lancer son OPA. Une association de défense des actionnaires privés juge l'offre "inacceptable".

Le camp des protestataires refusant une OPA "au rabais" de Bertelsmann sur RTL Group (+ 2,26 % à 45,25 euros hier à Bruxelles) grossit et le groupe allemand doute. Bertelsmann, qui espérait lancer son offre début février, n'a toujours pas déposé de prospectus formel auprès de la Commission de surveillance du secteur financier luxembourgeoise et de la Commission bancaire et financière belge. "Nous sommes encore en discussion. Aucune décision n'est prise" a ainsi indiqué à La Tribune une porte-parole du groupe allemand, invoquant la législation différente des trois places de cotation de RTL Group (Bruxelles, Luxembourg, Londres) rendant la situation "très complexe."
Affaire d'Etat. Le 31 janvier, Bertelsmann a finalisé le rachat, pour 1,5 milliard d'euros, soit 44 euros par action, des 22 % de Pearson, qui percevra un complément de prix si un actionnaire venait à obtenir davantage dans les dix-huit mois. Ce qui laisse craindre aux minoritaires un gel de la situation d'ici là. A moins qu'une solution ne soit trouvée, comme l'a évoqué la semaine dernière le premier ministre luxembourgeois lui-même, à l'issue d'une rencontre avec le président de Bertelsmann, Thomas Middelhoff.
L'affaire prendrait-elle un tour politique ? Il est vrai que RTL Group, deuxième capitalisation à Luxembourg, sixième à Bruxelles, est détenue par de nombreux petits porteurs, en direct ou via des Sicav.
Cette rencontre a incité Investas, une association de défense des actionnaires privés, a refusé mardi une offre jugée "inacceptable" à un prix "modique, voire bradé". Investas a révélé s'être associée le 4 février à la requête déposée en juin par les fonds luxembourgeois Audiolux et BIP, qui pourrait toutefois ne pas être examinée avant octobre. "Une augmentation de capital de Bertelsmann et un échange d'actions sur la même base que la parité accordée à Groupe Bruxelles Lambert l'an dernier, soit 0,8367, permettraient de contourner le problème du prix" a indiqué à La Tribune Jean-Paul Hoffmann, le président d'Investas.
Delphine Cuny

http://www.latribune.fr.

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