Pour les minoritaires de RTL Group, le conseil n'a pas veillé
à l'intérêt de tous
Quelque 4% des actionnaires refusent l'approbation des comptes
L'assemblée générale ordinaire de RTL Group
n'a pas donné aux minoritaires les réponses qu'ils attendaient.
Une fronde menée par Audiolux, BGL Investment Partners et Investas,
une association regroupant des porteurs privés, avait adressé
un feu nourri de questions avant l'assemblée. Celles?ci portaient
essentiellement sur les récentes modifications d'actionnariat
intervenues au sein de RTL Group.
Ce groupe d'actionnaires, rejoint par d'autres "petits"
porteurs, estime rassembler quelque 4 à 5% du capital, soit
la moitié du flottant réduit aujourd'hui à moins
de 10%.
"Les récents changements dans l'actionnariat de la société
ont été actés dans les livres de la société.
Mais son rôle se borne à cela en la matière",
s'est en substance borné à répondre le management
de RTL Group, rappelant que le conseil d'administration avait continué
à gérer l'entreprise "dans l'intérêt
de la société elle?même et celui de tous les actionnaires".
La réponse n'a pas eu l'heur de satisfaire les frondeurs qui
ont d'ailleurs refusé l'approbation des comptes de l'exercice
écoulé et ont également voté contre le
rapport du conseil d'administration et la décharge aux administrateurs.
Quant à l'affectation des résultats, la décharge
aux commissaires et les nominations statutaires, les minoritaires
se sont majoritairement abstenus.
"Il est apparu que le conseil a failli à ses devoirs et
obligations dans la sauvegarde des intérêts légitimes
des actionnaires autres que Bertelsmann", estime François
Tesch, président d'Audiolux, au nom de la fronde.
Plus précisément, quant à la cotation du groupe
sur les trois places boursières actuelles, Bruxelles, Luxembourg
et Londres en l'occurrence, "aucune demande de retrait n'a à
ce jour été soumise au conseil", explique Vincent
de Dorlodot, conseiller juridique de RTL Group, sans pourtant préjuger
de l'avenir.
On le sait, l'un des arguments des minoritaires est que RTL Group
n'a pas tenu ses promesses de porter le flottant à 15%, comme
indiqué lors de son introduction au London Stock Exchange.
"L'occasionne s'est jamais présentée du fait de
l'évolution des marchés boursiers", justifie la
société. "Il ne nous appartient pas aujourd'hui
de juger de la manière dont Bertelsmann mettra en oeuvre ses
intentions actuelles", se défend Didier Bellens, administrateur
délégué. Pour rappel, Bertelsmann a clairement.
laissé entendre en mars dernier qu'il se réservait le
droit d'augmenter encore sa participation.
Pour les minoritaires, le conseil assiste passivement à la
" colonisation" du groupe par Bertelsmann "alors qu'il
lui aurait appartenu de maintenir la cotation sur les différentes
Bourses et d'en accroître la diffusion en tant que signataire
des engagements pris en ce sens envers le gouvernement luxembourgeois
notamment".
RTL Group a par ailleurs adapté ses statuts pour réduire
à 12 le nombre de ses administrateurs. Les représentants
démissionnaires de Pearson n'ont en effet pas été
remplacés.
L'ensemble des points à l'ordre du jour ont été
approuvés majorité contre... opposition.
LAURENT FABRI
A Luxembourg
L'Echo 19.04