Encourager les petits porteurs
La "loi Rau" étant appelée à disparaître,
de nouveaux choix s'offrent aujourd'hui aux investisseurs.
Confrontés à la disparition des avantages fiscaux liés
à la "loi Rau", beaucoup d'actionnaires sont en droit
de se poser actuellement la question de l'opportunité de nouvelles
formes d'investissement. Investas, une association qui a pour finalité
la promotion de l'épargne, sait qu'avec la disparition de la
"loi Rau", beaucoup d'investisseurs vont être confrontés
à de nouveaux choix pas toujours faciles à faire.
En
ce qui concerne la "loi Rau", les dispositions prévoient
une abolition progressive des avantages fiscaux. Ainsi, les montants
déductibles pour un particulier passeront de 1 500 euros en
2002 à 500 euros en 2004. Parallèlement, les seuils
de r détention des titres luxembourgeois imposés par
la loi aux sicav concernées diminueront également. D'ici
à 2005, la "loi Rau" aura donc survécu.
Pour certains petits porteurs, la disparition n'aura rien de dramatique
d'autant plus que la loi est loin d'avoir rempli les objectifs qui
lui avaient été assignés.
"La loi n'a pas suffisamment favorisé les investissements
productifs des entreprises luxembourgeoises", souligne Norbert
Haupert, député et rapporteur de la loi sur la réforme
fiscale de 2002. Un constat que confirme Camille Fohl, membre du comité
de direction de la BGL. "Au niveau de la performance financière
des fonds, le bilan pour les investisseurs est positif avant 1998,
même sans effet fiscal, mais certainement insatisfaisant après
cette date en raison de l'évolution boursière".
D'un autre côté, la "loi Rau" aurait permis
de favoriser l'émergence d'une culture d'investissement et
de créer un intérêt pour les activités
de la Bourse.
Pour remplacer ces fonds "loi Rau", de nouveaux instruments
d'épargne et de pension, nés de la
réforme fiscale 2002, sont offerts depuis quelques mois par
les établissements bancaires et les sociétés
d'assurances.
Produits de rechange
Pour Alain Huberty, sous?directeur de Foyer?Assurances, les nouveaux
instruments offerts aux petits porteurs peuvent paraître moins
attractifs aux yeux des épargnants, surtout auprès des
plus jeunes. "Il y a certainement un changement de perception
des fonds chez les épargnants", explique Alain Huberty.
"Cela nécessite des efforts de communication supplémentaires
de la part des banques et assureurs pour sensibiliser les.épargnants
aux avantages des nouveaux produits".
Camille Fohl estime que "les banques devront dorénavant
expliquer, à côté du volet fiscal, les conséquences
et les risques encourus par le client". Parallèlement,
le rôle de l'intermédiaire sera renforcé et les
ordres des clients devront être soignés, estiment les
banquiers.
Pour ce qui est du nouvel instrument d'épargne, celui?ci connaît
déjà un franc succès depuis son lancement, assure
Alain Huberty.
Les contribuables peuvent désormais déduire entre 1
500 et 3 200 euros. Autre nouvel attrait, les sommes versées
seront restituées aux héritiers. Désormais, la
prestation finale ne sera plus obligatoirement une rente mensuelle,
mais jusqu'à 50 % de l'épargne accumulée pourra
être touchée sous forme de capital et le reste sous forme
de rente viagère. Et pour ne frustrer personne: le système
avantage les catégories d'âge de plus de 50 ans qui disposeront
de moins de temps pour investir dans le nouveau régime. Avis
aux amateurs.
Le Quotidien 12.12.02